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Blockchain, Cryptos & Web3

Cryptos / Web3 = Vaporware

Idées reçues sur la blockchain (2/n)

Je reprends ici ma série sur l’univers des cryptos et du Web3, après quelques mois où je me suis plus consacré à étudier l’impact de ce délire techno-politico-financier sur le continent Africain. Avec les événements récents (comme FTX, Terra/Luna, Celsius et bien d’autres en prévision en ce début d’année 2023), il me semble important de refaire le point sur tout ce vaporware qu’on nous survend depuis trop longtemps et qui va conduire inexorablement à de nombreux pleurs, cris et grincements de dents.

Cryptocurrencies are Overvalued Vaporware
Jake on Frugal Flannel

Après m’être penché sur ces sujets depuis de nombreuses années, j’en viens à me demander, comme beaucoup d’autres, si au final le “monde crypto” n’est pas une expérimentation sociale pour tester la stupidité (et la cupidité) humaine ? Car, comme quelqu’un a dit : je n’ai encore vu aucun cas d’utilisation de Bitcoin ou blockchain qui ne pourrait être géré avec une simple feuille de calcul et une carte prépayée…

Ce billet fait suite à la première partie des idées reçues sur la blockchain et aux billets (n°1 et n°2) sur la consommation d’énergie des cryptomonnaies.


“The venn diagram of
crypto bullshit and crypto use cases
is a circle.”

Stephen Diehl

En mai 2022 a été publiée une excellente interview de Nicholas Weaver, qui dresse une situation à 360° du monde crypto/blockchain/Web3. J’ai publié sur mon site Web3Now l’une de ses conférences en vidéo (YouTube, EN), qui parcourt les mêmes sujets.

Je ne vais pas faire une traduction directe en français de son interview, mais vous propose une synthèse “très augmentée” des idées principales qui en ressortent.

2 citations de N. Weaver, à 4 ans d’intervalle, pour introduire le sujet :

Les crypto-monnaies, bien qu’étant une idée apparemment intéressante, ne sont tout simplement pas adaptées à ce qu’elles proposent. Elles ne fonctionnent pas comme des monnaies, elles sont globalement inefficaces, et elles n’offrent pas une répartition significative de la confiance. Les risques liés aux crypto-monnaies sont de 4 ordres : risques techniques et risques économiques pour les participants, risques systémiques pour l’écosystème des crypto-monnaies et risques sociétaux.

2018

Si ce premier commentaire met en exergue les risques systémiques et sociétaux, mais reste “ouvert”, 4 années plus tard, le ton a clairement changé :

C’est un virus. Ses dommages sont considérables. Il a permis à des entreprises criminelles de gagner des milliards de dollars. Il a permis à des VCs de faire de la fraude boursière leur métier. Il a aspiré les gens. Donc, soit vous l’évitez, soit vous m’aidez à le faire disparaitre dans un grand brasier.

2022

Voyons dans le détail.

Blockchain

Le design des blockchains est inefficace et leur concept obsolète, depuis le moment où il a été mis en avant par ses promoteurs. L’idée derrière la technologie blockchain est en fait vieille de plus de 30 ans : c’est ce qu’on appelle une chaîne de hachage (hash chain).

Vint Cerf, chercheur et co-inventeur avec Bob Kahn du protocole TCP/IP, l’une des briques fondamentale sur lesquelles repose l’internet, est très clair !

Vaporware as seen by Vinton Cerf - Do I need a Blockchain flowchart

Une blockchain, au final, qu’est-ce que c’est ?

C’est une structure qui repose sur un arbre de Merkle et qui est supposée être décentralisée. Ce sont, a priori, les 2 principaux éléments. S’il n’y a pas de décentralisation, ce n’est plus qu’une liste liée, signée par cryptographie.
Les blockchains font une utilisation intéressante du concept d’arbre de Merkle, mais ce n’est ni unique, ni innovant.
En revanche, la nature décentralisée ajoute un certain nombre de facteurs de risques : performance, souplesse et praticité.
L’innovation fondamentale est l’utilisation d’algorithmes pour créer un consensus décentralisé. C’est ce qui fait la différence avec un arbre de Merkle ou un registre distribué classique.

A lire : The World’s Oldest Blockchain Has Been Hiding in the New York Times Since 1995

Malheureusement, un réseau décentralisé ne permet pas de contrôler la qualité des systèmes qui le composent. N’importe qui peut gérer un nœud, même sur une connexion de mauvaise qualité, et faire n’importe quoi.
Comme personne n’est en charge, ni n’est responsable, il n’y a aucune incitation pour tirer le réseau vers le haut et le faire tourner au maximum de ses capacités. Et le Proof of Stake (PoS) qui est supposé être l’avenir après l’usage intensif de PoW ne changera pas grand chose à ce problème…

A l’inverse, un réseau piloté par une autorité centralisée peut en permanence être optimisé, y compris sa bande passante, et a tout intérêt à le faire, y compris pour bénéficier d’économies d’échelle.

C’est pourquoi, toutes choses étant égales par ailleurs, un réseau décentralisé ne pourra jamais égalé la performance d’un système contrôlé et centralisé.

On remarque d’ailleurs que de nombreuses offres sont en fait beaucoup plus centralisées qu’elles ne le font croire à leurs clients.

Au final, tous ceux qui se sont lancés dans une tentative d’exploitation réelle d’une blockchain pour une application industrielle, ont fini par jeter l’éponge après avoir dépensé des fortunes, avec IBM ou d’autres, pour rien… En voici 2 exemples récents.

Tradelens (Maersk) – novembre 2022

Le projet TradeLens a toujours été largement présenté comme la plus grande réussite de la “blockchain”. En réalité, c’est un échec cuisant.

TradeLens a été fondé sur la “vision audacieuse de réaliser un bond en avant dans la numérisation de la chaîne d’approvisionnement mondiale en proposant une plateforme industrielle ouverte et neutre”, a déclaré Rotem Hershko, responsable des plateformes commerciales chez Maersk.
Malheureusement, bien que la plateforme ait été viable, le besoin d’une collaboration industrielle mondiale totale a échoué. En conséquence, TradeLens n’a pas atteint le niveau de viabilité commerciale nécessaire pour continuer à fonctionner et répondre aux résultats financiers attendus d’une entreprise indépendante.

Australian Stock Exchange (ASX) – novembre 2022

L’objectif était de remplacer CHESS (Clearing House Electronic Subregister System) par une blockchain.

ASX n’a pas réussi à démontrer un contrôle approprié du programme à ce jour, et cela a sapé les attentes légitimes qu’ASX puisse fournir une infrastructure de marché financier contemporaine et de classe mondiale.

En novembre, ASX a abandonné le projet, invoquant une gestion dysfonctionnelle, des inquiétudes quant à la complexité et à l’évolutivité du produit, et la difficulté de trouver des experts pour en assurer le support.

Reuters – 20/12/22

Voir aussi le cas AWS & Blockchain


On croise (encore) beaucoup de personnes qui déclarent que “la technologie blockchain a beaucoup d’applications potentielles. Elle est vraiment intéressante car elle offre beaucoup de solutions possibles à toutes sortes de problèmes.
Mais en fait, ces défenseurs restent assez vagues sur ce que sont ces cas d’usage, et généralement, lorsque l’on se penche plus précisément sur les faits concrets, il existe toujours une solution beaucoup plus simple pour résoudre le problème que celle basée sur une blockchain.

Ceux qui crie “Blockchain !” à tout va ne comprennent en fait pas du tout la technologie, et certainement encore moins la problématique à traiter.

Quand quelqu’un dit que vous pouvez résoudre X avec une blockchain, il ne comprend pas X, et vous pouvez l’ignorer, car il ne sait pas de quoi il parle.

Un filtre pratique selon N. Weaver

Remarque : c’est en particulier ce qu’on voit avec tous ceux qui font la promotion des cryptos pour “bancariser” les populations, le fameux “Bank the Unbanked”.

Au moins, l’engouement pour la “technologie” blockchain et autres développements autour des cryptos a permis de séparer les bons développeurs des mauvais. Quand tout cela sera terminé, beaucoup auront du mal à retrouver un vrai travail…

Cryptos, Bitcoin

Warren Buffet a une vision très nette de ce qu’est Bitcoin, et elle a le mérite de durer dans le temps…

Les actifs sont soit intrinsèquement utiles, soit des produits financiers qui génèrent un rendement qui n’est pas basé sur l’évolution du prix (le fameux “number go up” si cher aux maximalistes Bitcoin).
Le bitcoin n’est ni l’un ni l’autre : il est donc totalement sans valeur. Et je ne m’étendrai pas ici sur la notion ridicule de “market cap” pour les cryptos…

“Bitcoin has no future as a payments network, says FTX chief” – Bitcoin maximalists don’t agree…

Bitcoin n’est qu’un vieux bout de code informatique, datant de 2008, qui ne résout aucun problème, qui implique des externalités désastreuses, qui n’offre aucune protection aux consommateurs et n’a aucune valeur intrinsèque. La seule issue possible est qu’un autre plus grand fou puisse être incité à payer plus cher pour l’obtenir…
Ce n’est pas non plus la panacée pour résoudre les problèmes fiscaux qui se posent rapidement, si l’on veut les déclarer.
Ce n’est qu’un hybride de pyramide MLM et de chaîne de Ponzi auto-générée.

Il convient de noter par ailleurs que dire que Bitcoin est décentralisé relève de l’illusion totale. C’est, entre autres, un argument employé par ceux qui expliquent que c’est la raison principale pour ne pas classer cet actif numérique comme valeur mobilière. “Bitcoin est trop décentralisé !” Dans les faits : 4 ou 5 personnes au maximum ont le droit de modifier le code de Bitcoin, la majorité de l’actif numérique est entre les mains de quelques-uns, le minage est majoritairement géré par de gros conglomérats… qui ont tendance désormais, avec l’instabilité des cours, à ne plus pouvoir honorer leurs échéances… (voir ici) et se font “subventionner” par de gros fonds d’investissement.

Système de paiement

Bitcoin, en théorie, est supposé offrir un moyen de réaliser des paiements sans intermédiaire. C’est du moins l’idée originale d’une devise, telle que conçue par Satoshi.

vaporware origins: Bitcoin, a P2P Electronic Cash System
Bitcoin: a P2P Electronic Cash System

Mais ça n’a pas fonctionné…

La monnaie électronique existe depuis des années, que ce soit PayPal, Visa, le Mobile Money ou les virements bancaires. Dans tous les cas, des entités centrales servent d’intermédiaire et elles ont un gros désavantage : elles n’apprécient guère les trafiquants de drogues et autres activités illégales.
Car la loi impose aux émetteurs de monnaie, électronique dans ce contexte, de prendre toute action légale pour bloquer les activités répréhensibles connues, en particulier le blanchiment d’argent…

Malgré tout, nous avons vu défiler des entreprises qui annoncent “Nous acceptons les paiements en Bitcoin“.
Elles mentent. Toutes. Car en fait, elles n’acceptent pas les paiements en Bitcoin. Elles utilisent un service qui leur permet de fixer le prix en dollars (ou Euros ou…), de présenter un prix en Bitcoin au client, de recevoir des bitcoins qui sont immédiatement convertis en dollars (ou Euros…), pour que le commerçant reçoive du bel et bon argent réel.

Ceci signifie par ailleurs que pour avoir un système qui s’équilibre, si vous voulez payer en bitcoins et que vous n’en avez pas, vous devez d’abord convertir votre monnaie locale.
Un processus potentiellement coûteux en frais divers…

Par ailleurs, la finance moderne applique une règle qui veut que tout ce qui est paiement électronique soit réversible pendant de courtes durées. Cela permet par exemple une annulation en cas de fraude.
Votre carte de crédit a-t-elle déjà été compromise ? Si c’est le cas, normalement le montant d’argent que vous aurez perdu est presque nul, car votre banque dispose d’une bonne protection contre la fraude et d’une capacité technique à annuler les transactions. En revanche, si votre portefeuille d’actifs numériques est compromis, vous avez tout perdu (voir les nombreux All my apes are gone). 

Et c’est un vrai problème pour les utilisateurs et autres investisseurs qui doivent théoriquement s’astreindre à des règles de sécurité strictes, qui n’empêchera pas qu’on vienne vous attaquer physiquement, voire vous torturer, pour obtenir vos accès et ainsi tout vous dérober.

Une autre raison pour laquelle Bitcoin ne fonctionne pas pour les paiements, c’est le nombre maximum de transactions extrêmement limité, qui implique des délais de règlement plutôt longs. Si on ajoute la volatilité du prix, il est normal que les commerçants préfèrent convertir très vite les paiements en argent réel. Et non, les solutions de type Layer2 comme Lightning ne changent pas grand chose à cela, voire rendre le système encore plus inutilisable.

On en revient à se poser la question fondamentale : à quoi ça sert ? Tout indique que les crypto-monnaies, dont Bitcoin, sont fondamentalement incompatibles avec la finance moderne.

Pour résumer :

– la sécurité d’un portefeuille cryptos, qu’il soit connecté ou non, est un problème fondamental non résolu (les maximalistes nous parlerons de “self-custody”, oui mais),
– Bitcoin ne peut pas fonctionner comme moyen de paiement, en particulier du fait du nombre limité de transactions (les maximalistes toujours nous parleront de Layer2 et de Lightning. J’y reviendrai dans un autre billet, mais les mathématiques risquent très vite de leur poser un vrai problème d’évolutivité, à moins de fonctionner en mode centralisé et encore…),
– et la volatilité du prix fait que les utilisateurs doivent rapidement convertir en vraie monnaie pour ne pas y perdre, si leur but est de consommer et pas thésauriser.

Au final, à quoi Bitcoin peut-il donc bien servir? 

En fait, il y a de multiples catégories de paiements qui ne sont pas autorisées, dont, parmi les plus importantes, le trafic de drogue, tout ce qui a trait aux abus sexuels, en particulier sur des enfants, et l’extorsion de fonds (rançons par exemple).

Les trafiquants de drogue détestent a priori la crypto-monnaie, qui laisse des traces, mais comme c’est la seule voie possible pour eux la majeure partie du temps, ils font avec.
On sait que certains sites Web ont vendu du matériel pornographique résultant de l’exploitation d’enfants, contre paiement en bitcoins.
Mais l’utilisation la plus courante et la plus “sérieuse” reste le paiement de rançons, où les entreprises doivent payer des millions suite à une attaque par ransomware, à la Corée du Nord par exemple…
Cela cause des dizaines, voire des centaines de milliards de dollars de dommages à l’économie au niveau mondial. Et tout ça n’est possible que parce que les paiement en bitcoins existent.

Autres “usages”

Comme la thèse du paiement ne tenait plus vraiment la route, les adeptes du culte Bitcoin ont alors changé le discours pour en faire une réserve de valeur. Pas une grande réussite non plus.
Maintenant, les maximalistes présentent Bitcoin comme un “protocole” : “Bitcoin est un protocole de communication sans friction, mondial et monétisé. La valeur associée aux paquets de données ne peut être évaluée que par les acheteurs et les vendeurs.”

Ce discours est un peu idéalisé : la friction est plutôt élevée (il suffit de voir la quantité de chaleur générée par le minage), de même que le coût de fonctionnement (frais de transactions et consommation énergétique obscène), pour au final offrir une capacité transactionnelle très limitée. Ce n’est pas non plus un protocole, au sens strict. L’impact global est donc insignifiant.

Mais pourquoi Bitcoin et toutes les autres cryptos qui utilisent le consensus PoW (Proof-of-Work) ont besoin de tous ces mineurs, qui gaspillent des sommes astronomiques ?
Pour empêcher n’importe qui d’ajouter des informations dans le “grand livre” et falsifier des données, pour prouver que les enregistrements sont intacts, car tout potentiel fraudeur serait dans l’obligation de consommer autant d’énergie électrique pour mener à bien une attaque.

Il y a là l’évidence d’un vrai déséquilibre : soit le système n’est pas sécurisé, soit il est inefficace… Cela signifie-t-il que si je ne gaspille pas énormément d’énergie, je peux facilement et à moindre coût modifier l’historique du grand livre ? Ou que pour protéger l’accès, je suis obligé de brûler des tonnes de ressources 24h/24, 365 jours par an?

Donc, le système des cryptos dans son ensemble est un vrai désastre économique. Oh, bien sûr, certains vous diront qu’ils ont gagné de l’argent avec Bitcoin ou les cryptomonnaies. Cela signifie juste qu’ils ont fait des bénéfices sur le dos de pigeons qui ont perdu une somme supérieure à ce que eux avaient misé.

Toutes les caractéristiques d’un système type Ponzi, et bien différent du marché boursier !

Imaginons que vous placiez votre argent dans un fond de placement et que vous l’oubliez pendant plusieurs années. Pendant cette période, de nombreux événements peuvent se produire : distribution de dividendes, rachat d’actions par l’entreprise qui investit ses profits, division d’actions…
Vous revendez ce placement à quelqu’un d’autre : votre gain n’est pas seulement la différence entre votre prix à l’achat et celui à la vente, mais provient aussi de tous les intérêts et bénéfices reçus pendant la période.
Le marché des actions et obligations est donc un jeu à somme positive. Il y a plus de gagnants que de perdants.

Les actifs numériques sont d’abord un jeu à somme nulle : il ne peut pas y avoir plus de gagnants que de perdants. C’est le même principe pour les courses de chevaux ou les jeux de casino. Investir dans les cryptomonnaies est une forme de jeu d’argent au sens économique.
Ensuite, comme avec Bitcoin qui utilise le consensus PoW, il faut penser à déduire les factures d’énergie, les nombreux investissements en équipements dédiés, qu’il faut renouveler régulièrement, etc. Il suffit de voir l’impact sur les mineurs depuis fin 2022.

Le résultat ?
Le marché des cryptos est fondamentalement un jeu à somme négative.

Et si en plus vous ne pouvez pas récupérer vos fonds pris dans les filets de ce simili-Ponzicar, bloqués dans un “exchange” par exemple, cela devient un problème plus que gênant pour vos finances.

Vaporware

Aucune cryptomonnaie, même Bitcoin, ne deviendra jamais une véritable unité monétaire. Si les sidechains ou Lightning sont supposés résoudre, très théoriquement, les problèmes de vitesse, les transactions sont d’abord traitées hors de la chaîne elle-même, ce qui annule totalement l’intérêt d’une blockchain.

Web3 is the definition of vaporware
Web3 est la définition même de vaporware

Quant aux autre produits, solutions et actifs numériques dérivés des blockchains programmables, la majorité n’est que de la poudre aux yeux, pour noyer le poisson aux yeux des consommateurs et faciliter l’extraction financière.

Ils sont aussi la démonstration d’une ferveur “techno-solutionniste” forcenée.

There are never purely technological solutions to societal problems
“Il n’y a jamais de solutions purement technologiques aux problèmes de société.”

Il y a un autre élément étonnant dans ce phénomène : c’est l’incapacité, volontaire ou non, à se souvenir des erreurs du passé, récent ou non… et donc à les répéter sous des formes légèrement différentes.
Parlons par exemple des vagues de bulles et autres manies spéculatives : sans revenir sur la Tulipomanie au XVIIème siècle ou la folie des Beanie Babies, nous avons vécu en 2018 la folie des “crypto kitties”, qui a fait tomber Ethereum. Plus récemment, la folie des Bored Apes, qui a encore cassé Ethereum (ce qui prouve bien que ce système est tout de même assez limité), on peut trouver d’autres exemples.
Comme personne n’a de mémoire permanente de ce qu’a vécu l’écosystème, les échecs anciens sont oubliés et les mêmes erreurs sont commises encore et encore…

Smart contracts

Un smart contract n’est pas un contrat. La théorie derrière ces développements repose sur la base “code is law” – pour en savoir plus, lire cette référence.
Mais les erreurs de programmation sont telles que cela en devient ridicule :

Code is law

L’idée de base est la suivante : créons des programmes, accessibles à tous sur une blockchain, mais qui ne puissent pas être mis à jour, pour gérer notre argent.
Ceci implique que si une erreur catastrophique (et on en a vu de nombreuses ces derniers mois) se produit, elle n’est pas réversible, comme ce serait le cas avec une solution financière dédiée et centralisée.
Un smart contract ne dispose d’aucun mécanisme pour résoudre les erreurs. Il n’y pas non plus de bouton “annuler”, ni aucun moyen pour les mettre à jour en cas de bug.

Et bien évidemment, il n’y a pas de responsable ou d’autorité centrale vers qui vous tourner en cas de problème, dans ce monde qui se veut auto-régulé et surtout très loin des interventions de la loi des hommes (mais ça commence à changer radicalement, avec des autorités de plus en plus concernées…).

Le code, c’est la loi… Pas si sûr que ça…
Et je n’entrerai pas dans le détail des fameuses DAOs, qui dématérialisent, ou essaient, les entités juridiques…

NFTs

Vous vous souvenez des NFTs et de la façon dont ils allaient transformer tous les aspects de la société ?
Comment cela a-t-il fonctionné ? Heuresement, la “folie” ou bulle n’a duré qu’une dizaine de mois (lire ici).

NFTs as a death sentence

Maintenant, extrapolez le phénomène NFTs à l’ensemble des actifs numériques, et vous avez raison : cela n’a aucun sens, si vous y réfléchissez plus de 10 secondes…

Pour synthétiser les NFTs : un ensemble de variations d’une image sont générées par un “designer” digital (ou un simple ordinateur). Après leur mise en ligne sur le Web, via des sites dédiés, vous pouvez acheter un reçu qui pointe sur une URL qui indique qu’en théorie vous possédez… le reçu. C’est tout.
Vous pouvez revendre ce reçu si besoin. Par défaut, ce NFT ne vous donne aucun autre droit.

Mais que signifie “posséder” dans ce contexte ? 

Le cas des “Apes” est légèrement différent et unique. En dehors du “smart contract” qui leur est associé, une licence autorise le “propriétaire” à produire des œuvres dérivées, autant que désiré le temps de la licence accordée.

Donc, certains ont acheté 4 ou 5 Apes, s’en sont servi pour créer 400 ou 500 Apes dérivés (idéalement en utilisant un algorithme -(on a ainsi vu des caked apes, des spaced apes ou une variante qui consomme leur slurp juice…)
Du grand n’importe quoi…

Tout cela fonctionne comme toutes les collections ou les fameux Beanie Babies : il faut convaincre le “gogo” que le fait de les “posséder” est agréable et qu’en plus leur valeur va augmenter… L’important est de trouver des pigeons…

Mais le problème principal reste dans la notion de “propriété”, qui n’a pas de réel sens dans ce contexte, avec l’absence de notion de “copyright” ou autres “droits d’auteur” (qui ont eux-mêmes leurs propres problèmes) : un simple clic-droit permet de sauver les images derrière les URL.

Ces NFTs ont en parallèle donné des idées à plein d’autres “innovateurs” qui imaginent pouvoir absolument tout représenter sous cette forme (grâce aux fameux smart contracts) : acheter une maison, un livre, une chanson ou un album etc.
Les notions de “propriété” ne sont jamais très clairement définies là non plus, et heureusement ces projets ont des durées de vie assez relatives…

Il convient de ne pas oublier que pour pouvoir acheter et vendre ces NFTs, il faut bien sûr disposer d’un portefeuille de cryptomonnaies. C’est là le vrai but : vous forcer à entrer dans le monde cryptos et selon la blockchain utilisée payer des frais de transactions plus ou moins conséquents… Il n’y a pas de petit profit…

Web3

Pour simplifier, le Web3 fonctionne de la manière suivante : vous avez un problème ; vous l’intégrez sur une blockchain immuable ; vous avez maintenant 2 problèmes.

L’éthique vue par les VCs et cryptobros…

La manière dont les VCs usent et abusent du terme “Web3″… Cela semble si génial, mais en fait, la signification principale c’est qu’ils souhaitent financiariser le Web dans son ensemble : poster sur un réseau social, payer – poster sur un blog, payer – lire un mail, payer – y répondre, payer – etc. Et ça, ce n’est pas vraiment un futur très agréable.

A noter, que payer veut ici dire disposer de cryptomonnaies X ou Y dans un portefeuille adéquat, pour être en mesure de réaliser ces “micropaiements”.

Doit-on dire Web3 ou Web 3.0 ? Tim Berners-Lee, fondateur du Web, a initié la notion de Web 3.0 ou Web sémantique en 2006 et il n’est pas content, car on cherche à le coopter sur des notions qui n’ont pas obligatoirement de lien :
Web 3.0 vise à donner aux utilisateurs le contrôle de leurs informations en ligne et à créer un Web sémantique. Cela signifie que les machines lisent et traitent facilement le contenu généré par les utilisateurs.
Blockchain pourrait fournir la décentralisation, des identités numériques libres avec des portefeuilles cryptographiques, et des économies numériques ouvertes.

Lire : Why Web3 and Web 3.0 Are Not the Same

En conclusion, Web3 c’est avant tout un moyen pour des startups et leurs investisseurs de vendre encore plus d’actifs numériques, dont ils profiteront grassement, en nous obligeant à les utiliser pour exister en ligne.

Au-delà des beaux discours, marketing oblige, on est bien encore pour l’instant et pour un long moment, sur du pur vaporware.

DAO

Pour faire très court : DAO est une forme de société en nom collectif, donc une “responsabilité conjointe et solidaire”, et comme il s’agit en fait de commettre une fraude boursière, il vaut mieux parler de “complot”… Je ne m’étalerai pas plus sur le sujet.

Fraud-as-a-Business Model

En parcourant différents aspects de cet “espace cryptos”, j’ai évoqué l’inefficacité, la volatilité, le fait que l’impossibilité d’annuler une transaction (irréversibilité) est présentée comme une fonctionnalité, bien qu’elle autorise la fraude et le rançonnement, etc. J’ai évoqué dans d’autres billets l’impact destructeur sur l’environnement.
Mais il y a un point que beaucoup semblent ignorer : la possibilité pour les VCs en particulier de profiter de leur engouement pour les cryptos et le Web3 pour commettre, ni vu, ni connu, une énorme fraude aux valeurs mobilières, et d’en faire désormais une des bases de leur modèle économique.

Pour être clair, ils se sont surtout organisés pour profiter au mieux de multiples vides juridiques.

Aux USA, où l’on trouve de nombreux très gros investisseurs et VCs dans les cryptos, pour analyser si un actif est une valeur mobilière ou non, on utilise le fameux Howey Test créé dans les années 30 par la Cour Suprême.
Le test permet en particulier de savoir quelles lois et réglementations appliquer, comment traiter cet actif, contrôler l’organisation qui le met sur le marché, comment protéger les consommateurs ou petits investisseurs, etc.

Des VCs comme Andreessen Horowitz (a16z) investissent depuis des années dans de multiples entreprises et autres startups. Le “jeu” veut qu’une partie seulement de ces investissements soit à même de produire un retour positif (ROI) : certaines vont imploser et l’argent investi sera perdu, d’autres vont grossir et seront vendues. D’autres enfin entreront en bourse, ce qui signifie beaucoup de paperasse pour démontrer que le volet juridique et financier est sain.

Avec l’arrivée des jetons et autres actifs numériques, ces VCs ont trouvé une autre approche : inciter les startups à participer à une fraude aux valeurs mobilières.
Comment ? Ils investissent dans une entreprise dans l’écosystème crypto, ou l’incitent fortement à ajouter un tel volet si cela est possible. Ensuite, ils les poussent à créer un jeton qui repose sur une “promesse” en fonction du modèle économique de l’entreprise : un futur service ou produit “à venir” si vous investissez maintenant. On en a vu plein par exemple, autour de la propriété intellectuelle, avec de futures royautés distribuées aux petits investisseurs par exemple.

Le VC reçoit, suite à son investissement, une grande quantité de ces jetons, et pousse l’entreprise à entrer sur le marché en les proposant au public. Si tout fonctionne bien et que le jeton attire le marché, il est alors possible de l’inscrire sur l’un des grands crypto-exchanges comme Coinbase ou Binance… C’est encore mieux si le VC est aussi investisseur dans le crypto-exchange (comme a16z avec Coinbase), car les rouages de la machine sont encore mieux huilés.

Comme le jeton est référencé sur le marché crypto global, le VC peut maintenant commencer à revendre au grand public ceux qu’il a reçu à l’origine de son investissement.

Et c’est absolument illégal, en théorie ! C’est une revente de valeur mobilière non déclarée absolument flagrante. Mais, ce qui est fort, c’est que le VC n’est pas “responsable” lui-même de la fraude : c’est l’entreprise qui a émis les jetons, et dans laquelle le VC a investi.

Malheureusement, les régulateurs, comme la SEC aux USA, ne sont pas proactifs sur ce genre de manipulations. Ils n’interviennent qu’après les catastrophes, comme ce fut le cas avec les ICO (Initial Coin Offerings) en 2017.

Les VCs comme Andreessen Horowitz ont donc investi dans tout un tas de startups, qui ont toutes émises des jetons, qui ont ensuite été mis en vente au grand public, y compris par les VCs eux-même, qui ont ainsi pu générer un retour sur investissement rapide. Mais si ça se passe mal, les seuls qui auront des problèmes avec la justice, et finiront peut-être en prison, ce sont les entrepreneurs, pas les VCs qui sont “légalement” hors de la manipulation directe du marché.

C’est devenu ces derniers mois un vrai modèle économique pour les VCs…
On a même vu plein de petites officines prêtes à investir, qui poussaient comme des champignons sur toute la planète ou presque, surfant sur la vague Web3. Le business model était trop tentant…

The Silicon Valley VC world is making a fortune off of the securities fraud-as-a-business model.

Amy Castor

Pour y voir clair…

Ces derniers mois, l’écosystème crypto, très incestueux par nature, est passé du stade “mauvais” à “dramatique” et atteint doucement le niveau “chaos” avec des faillites en cascade, laissant les “petits investisseurs” sur le carreau.

Pour synthétiser :

  • Un simple enregistrement dans une liste où on ne peut qu’écrire (présentée comme un miracle technologique), lié à la résolution d’un problème mathématique très complexe, mais totalement dépourvu de pertinence, n’est pas, et ne sera jamais, une panacée financière ou sociétale.
  • Il ne faut pas mélanger la notion de réseau décentralisé avec la décentralisation du pouvoir ou de l’économie. Si l’on prend le cas des nombreuses “offres” DeFi (Decentralized Finance), nous sommes, comme pour Web3, dans une appellation purement marketing, qui ne représente aucune innovation financière concrète. Décentraliser n’est pas une notion binaire, un simple interrupteur on/off qu’on bascule un jour. Ce n’est pas un ensemble d’outils ou de technologies (code informatique ou composants électroniques). Et ce n’est certainement pas une blockchain. La vraie décentralisation est une somme d’efforts qui redistribue ou délègue pouvoir, information et richesse. (Par exemple, observez ce qui se passe dans les réseaux sociaux actuellement, avec Twitter d’un côté, et le Fediverse de l’autre).
  • Les cryptos ne résolvent aucun problème sociétal et n’offrent aucune utilité tangible (hors spéculation, blanchiment de capitaux et extorsion).
  • Déclarer que la blockchain et les cryptos sont des “innovations technologiques” est aussi ridicule que de considérer les méthodes de Bernie Madoff comme “innovations financières”.
  • Les cryptos ne sont pas des monnaies, car leur prix est trop volatile (comment quelqu’un peut accepter un paiement en cryptomonnaie, alors que le prix peut avoir énormément baissé le jour suivant). Et les taxes, pour ceux qui acceptent de les payer, peuvent être extrêmement complexes à calculer.
  • Les cryptos ne sont pas un investissement, car elles ne sont couvertes par aucune réglementation ni protection des consommateurs ou assurance quelconque. De plus, elles n’offrent aucune transparence quant à leur fonctionnement et gestion.
  • Le grand bazar des cryptos est gangréné par les Rug Pulls, les manipulations de marché et autres délits d’initiés. Un particulier cherchant à investir n’a dès le départ aucune chance de s’en sortir indemne.
  • La majorité de ces actifs et jetons numériques sont des valeurs mobilières non déclarées. L’ensemble de l’espace crypto ne se conforme pas aux lois et réglementations et fonctionne donc illégalement (au minimum en zone très très grise).

Le seul bénéfice des cryptos est de permettre à tous types de criminels d’effectuer des transactions pour tous types de crimes partout sur la planète.

Les nombreuses banqueroutes déclarées ces derniers mois (Terra/Luna, Celsius, BlockFi, Voyager, Three Arrow, FTX et j’en oublie tellement le marché est devenu instable, comme des dominos qui s’effondrent en cascade) ont transformé des millions de petits investisseurs en perdants, qui se retrouvent inscrits dans la longue liste des créanciers sans aucune garantie, alors même que Bitcoin ou des solutions DeFi ou Web3 continuent à être activement promues.

Cette “industrie” est corrompue jusqu’à la moëlle. Plus personne ne croit que ce ne sont que “quelques branches pourries”. Pour mémoire, de nombreux participants, y compris avocats et conseils, viennent du monde du jeu en ligne (poker en particulier). Je vous laisse tirer des conclusions sur d’autres liens potentiels…

Depuis des mois, voire des années, des crypto-sceptiques et opposants, avocats, ingénieurs, financiers, consultants ont annoncé, répété, voire crié, haut et fort, que tout cet univers blockchain et cryptos n’était que fraude et malversation, qu’il n’y avait rien ni de concret, ni d’utile à en tirer.
Leurs conclusions ont toujours été les bonnes (à lire : Let crypto burn).

Ce scepticisme, ou cette opposition, ne provient pas d’un manque de connaissance ou de compréhension. Bien au contraire ! Cela vient d’une capacité à discerner tous les mécanismes de fraude, d’escroquerie et la tendance humaine à la cupidité et à la criminalité.

Les cryptomonnaies, comme tous les jeux d’argent, ne créent pas de richesse : celui qui “gagne” a obligatoirement obtenu l’équivalent perdu par un autre joueur. L’argent circule dans une boucle fermée, avec bien sûr les exchanges qui prennent leur commission au passage (sans parler des frais de change pour ceux qui n’utilisent pas les devises “principales” du marché, principalement le dollar américain).

Il est d’ailleurs important de rappeler que l’écosystème crypto a besoin en permanence d’être alimenté en “vraie” monnaie pour survivre. Ce qui démontre bien l’instabilité et la faible viabilité du système et explique aussi pourquoi tant de gens ont du mal à vendre et récupérer leurs liquidités : dès que du “bel et bon” argent entre, il est avalé par la machine à destination des “whales” et il ne reste rien pour les petits investisseurs.
Tout système financier qui n’existe que par l’apport permanent de véritable argent pour continuer à fonctionner se nomme un schéma de Ponzi…

Régulation

More regulations for vaporware

Il est évident, même si un peu tard, qu’il faut réglementer avec force l’écosystème des cryptos, mais pas avec une approche différente ou spécifiquement adaptée. Les lois et règles du système financier existant s’appliquent très bien, si l’on veut le faire, et les cryptobros ont beau crier sur tous les tons “oui, mais c’est décentralisé”, ça ne tient pas la route une seconde.
Comme on l’a vu plus haut pour Bitcoin, du système logiciel au minage, tout est extrêmement centralisé en réalité et seuls les naïfs croient encore le contraire.

Il semblerait, en particulier aux USA, que les régulateurs aient fait peu d’efforts par peur de “limiter ou freiner l’innovation”. Ce qui explique en partie pourquoi l’écosystème s’est tant développé ces dernières années, car très peu contrôlé, voire surveillé, sauf en cas de catastrophe flagrante (Mt Gox…).

Pour être très clair, il n’y a aucune innovation dans le monde cryptos et Web3. il n’y a même pas de révolution financière en cours que ce soit pour les paiements ou autres. C’est juste du bricolage et du recyclage de blocs technologiques et financiers existants, recouverts d’une nouvelle couche de peinture et vendus comme le futur. La seule créativité, c’est dans la communication… (à lire : The Death of Cryptocurrency – The Case for Regulation – PDF).

Réguler les cryptos ne leur apportera pas de crédibilité pour autant et il est désormais plus que certain que de simples audits ou quelques déclarations réglementaires minimales conduisent à la chute du château de cartes.
Car le monde crypto dépend totalement, voire exclusivement, sur le besoin d’avancer dans l’ombre pour tromper le public, en diffusant le message que ce qu’ils proposent est sans risque.

Si les cryptos étaient juste présentées comme un jeu d’argent, une version de roulette ou Loto numérique, il n’y aurait aucun problème.
Mais l’objectif est de se positionner en “futur de la finance”.
Et c’est par ce simulacre que commencent la fraude et l’escroquerie.

Le manque global d’éducation financière est très clair !

Conclusion

Il est désormais temps d’arrêter de promouvoir l’écosystème crypto dans son ensemble, ainsi que ses admirateurs et influenceurs, qui ont permis que tant de “petits consommateurs” perdent énormément au profit d’une poignée d’individus plus ou moins malhonnêtes.
Il est temps de revenir à la réalité, d’ignorer le vaporware.
Il est temps pour les entrepreneurs et investisseurs blockchain et cryptos de proposer des solutions tangibles, s’ils en sont capables. Il leur reste déjà assez peu de crédibilité à sauver…

Ceux qui disent que Bitcoin est différent des autres cryptos, que ce n’est pas un jeton (“coin”), mais du “software”, tendance “liberté d’expression”, sont juste en train de masquer la réalité pour servir leurs desseins politiques (voir du côté des libertariens, extrême-droite, Ecole autrichienne d’économie, etc.).

Car, très clairement, ce à quoi nous assistons, c’est une quête “cryptocratique”, voire du pur crypto-colonialisme sur certains continents : pouvoir remplacer la “politique” au sens large par des solutions technologiques.

L’un des vieux rêves des crypto-anarchistes et cypherpunks est de réussir à répondre à la question “si les institutions nous protègent, qui nous protège des institutions ?”, pour remplacer les autorités humaines en qui ils n’ont pas confiance par des machines incorruptibles. D’où l’évolution du discours autour de Bitcoin et l’émergence des DAOs.

Ceux qui acceptent de ne pas se voiler la face, savent que les cryptos comme Bitcoin sont une gigantesque escroquerie de type Ponzi.
Parmi eux, un certain nombre a décidé de participer malgré tout à ce grand jeu d’argent, pour pouvoir profiter, pour l’instant impunément, des milliers de petits investisseurs et épargnants qui y croient dur comme fer.

Que ceux qui ont réussi à gagner de l’argent dans ce contexte n’oublient pas dans leurs prières du soir de remercier tous ces gentils pigeons qui leur ont offert leur argent durement gagné ou leurs économies…

A lire : The clowns of cryptoland haven’t given up

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