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Marketing Réflexions

Je ne me sens pas « Baby Boomer »…

Baby Boomer… Né en 1962, je fais effectivement partie de cette cohorte démographique (notion américaine à la base), apparue entre les années 1946 et 64, lors du pic de naissance après la 2ème guerre mondiale.

Generation timeline.svgBy CmgleeOwn work, CC BY-SA 4.0

Récemment, j’échangeais avec des « Générations Y & Z » sur un compte communautaire Twitter que j’animais pour une semaine, autour de l’utilisation des réseaux sociaux, et on me faisait gentiment passer un message au tout début, qu’en tant que Baby Boomer j’étais certainement trop vieux pour comprendre les réseaux sociaux, le web etc… J’ai donc cherché dans ma mémoire à quelle époque j’avais commencé la gestion de communautés et la création de sites Web et de contenu « inbound »…

J’avoue humblement être un peu « fatigué » d’être pris de haut par des personnes et entreprises qui me pensent trop vieux (bah oui, un Baby Boomer, quoi avec tout ce qui s’y rattache…) pour comprendre « tous ces trucs technologiques et numériques » qu’eux-mêmes ne maitrisent pas la plupart du temps (ils croient maitriser…).

Si vous saviez… j'avais déjà le nez dans le digital que vous couriez encore en couche-culottes ou que vous n'aviez même pas encore été prévus au programme de vos parents… Cliquez pour tweeter

Mes premières armes en ligne, je les ai faites à l’époque lointaine où Microsoft avait lancé MSN en France sous forme d’un kit de connexion à Internet (transformé en Messenger, c’est maintenant un portail d’infos). Cela devait être au milieu des années 90, je crois et, en tant que chef de produits technique pour les offres Grand Public/Home (Flight Simulator, MSMoney, Publisher, MSWorks, claviers, joysticks et souris, multimedia…), j’avais aussi la responsabilité d’animer les forums utilisateurs dédiés. Pour Money, il était même possible de récupérer sur un espace dédié les mises à jour des scripts de téléchargement bancaire, tout comme on pouvait le faire via Minitel.

Microsoft Money 97

Auparavant, j’avais eu un compte professionnel sur Compuserve, mais il n’y avait pas réellement de communauté francophone à gérer, même si c’était le but supposé.


Mes premières pages HTML, accessibles sur l’Intranet Microsoft, furent développées vers la même époque, 93 ou 94, et s’affichaient sous Internet Explorer 2.0 puis 3.0, mais aussi Netscape
Je « jouais » déjà beaucoup avec le multimédia, sons, vidéos… et les balbutiements du CSS, tout comme je le faisais avec PowerPoint dont j’avais aussi la responsabilité technique sur le marché français !

Mon premier site complet, je l’ai développé en 1996 pour un concours des forces de vente Microsoft, nommé « Mission (im)possible », sur l’Intranet. Pendant plusieurs semaines, j’ai créé, puis mis à jour, les listes de cadeaux, les événements et animations ponctuelles, les classements… Je n’ai plus les statistiques, mais je me souviens qu’elles avaient été plutôt bonnes pour un site interne… Bon, il y avait des produits à gagner, donc ça motive !

Réseaux sociaux et Content Marketing

Début 1998, j’ai créé l’agence Cybear SAS. C’est à ce moment que j’ai commencé divers projets online pour créer/gérer des communautés ou des supports print/multimedia (guides, booklets, livres, CDs…) pour diffuser du contenu afin de faire la promotion parallèle d’une offre de services, en particulier l’usage d’Internet :

  • Vinéa était un concept développé autour des professionnels de la filière vini-viticole avec France Télécom Wanadoo vers 1999. Encyclopédie du vin et des techniques de vinification, place de marché, espace d’échanges… toutes les fonctionnalités étaient proposées. Mais pour des raisons probablement « politiques », Vinéa ne vit finalement jamais le jour…
  • Le site Microsoft pour l’Entrepreneur a duré presque 3 ans, à partir de l’an 2000, et a été développé pour le Marketing PME-PMI de Microsoft France. L’idée était de proposer du contenu pratique et utile, à toute personne ayant l’idée d’entreprendre, étant en phase de création ou de développement d’une société (3 personas et inbound). Chaque message était appuyé par des interviews de professionnels (banques, assurances, experts-comptables…) et complété par une solution technique issue de l’offre Microsoft. J’ai ainsi rédigé plus de 300 pages autour de la création d’entreprise et de l’entrepreneuriat. Les messages purement produits étaient très légers, implémentés par petites touches dans des encadrés du type « Pour réaliser cette tâche, vous pouvez utiliser… ». Le ton du site et son positionnement ont beaucoup plu aux internautes et à la presse spécialisée, Le Monde Informatique le sélectionnant même comme site de la semaine.
    La suprême récompense fut de recevoir le « Best Practice » award de Microsoft Corp…
  • En 2005, je reprenais ce même principe de content marketing, pour créer le site Kiosque PME pour ADP-GSI. Cette fois-ci, il s’agissait d’expliquer la gestion RH aux PME-PMI, de les informer via une newsletter et de les inviter régulièrement à des événements produits en région. Tant que cette plateforme a gardé le même axe de communication, les résultats furent excellents : acquisitions, visites/visiteurs, temps de consultation, inscriptions aux newsletters… et créations de leads !

Quant aux réseaux sociaux, si j’ai eu des comptes ou testé la majorité d’entre eux (FriendFeed, Myspace…), je n’ai été réellement actif qu’à partir du milieu des années 2000. C’est surtout le lancement de mon premier blog KoToNTeeJ, dédié à la musique (défunt et désormais « piraté » par des scammers/spammers) en juin 2008, qui m’a stimulé à plonger dans les débuts de Facebook (septembre 2007 – je ne l’utilise plus que pour des raisons professionnelles), Twitter (septembre 2008), LinkedIn et autres…
Mon préféré a toujours été Google+, malheureusement défunt, où j’ai frôlé les 15000 followers, avant la fermeture (l’image ci-dessous en montre moins, car les gens quittaient le navire déjà).

Header Google+ cybeardjm

J’avoue, humblement, avoir souvent été déçu par « mes résultats ».
Lorsque l’on est sur une niche, comme ce fut par exemple le cas avec la musique Africaine, le Jazz ou le Sound & Music Design sur mon blog KoToNTeeJ, dans un monde francophone qui plus est, il est difficile de trouver un public actif et engagé, mais on y arrive

J’ai ainsi créé et géré de nombreuses pages, pour des entreprises ou des artistes, associées à des blogs ou sites e-commerce (cf. Steve Shehan par exemple), jusqu’à une trentaine. J’en manage encore quelques-uns.

Sur G+, l’un de mes succès fut la communauté « African Music Forum » avec 600+ fidèles qui interagissaient et publiaient régulièrement du contenu. J’ai sauvé tout les billets mis en ligne pendant plusieurs années et en ai fait un blog qui progresse gentiment en visiteurs et visibilité/interaction sur les réseaux.

Plus récemment (mai 2020), j’ai animé pendant une semaine le compte communautaire béninois 229people.
Voici les statistiques après 7 jours :

Statistiques animation 229people Twitter dernier jour

Voilà, le résultat d’un « community management » pertinent, statistiques jamais réalisées de toute la vie du compte, selon ses responsables.

Toujours dans le volet digital, j’ai passé 2 certifications récemment :

  • Pour m’amuser, les « fondamentaux du marketing numérique » par Google.
  • Beaucoup plus sérieux « Blockchain and Decentralization for the Information Industries » par San Jose State University.

Conclusion du Baby Boomer…

Proposer du contenu pertinent (écrire, encore et toujours), ne pas chercher à vendre coûte que coûte, mais influencer une démarche (« inbound » par exemple), échanger positivement, faire réagir par l’émotion intelligente, apporter des réponses… tout cela je l’ai testé et éprouvé sur le terrain depuis de nombreuses années. Je suis bien entendu toujours actif, mais j’ai choisi mes « combats » (Twitter, Mastodon, Linkedin, Pinterest…), centrés autour des blogs que je gère et des contenus que je crée. Et je reste en appui sur mes bases :
expérimenter, être curieux, s’informer au maximum, faire des recherches… Alors, trop vieux pour du management digital ?

Le prochain community manager ou entrepreneur qui me prendra de haut, considérant que je ne peux être qu'un "vieux con" du numérique, sera gentiment prié de revoir ses valeurs personnelles… Cliquez pour tweeter

Qu’on se le dise… et longue vie à moi, Baby Boomer !

Billet mis à jour le 10/7/21

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Présentations

Fonctionnement synthétique d’une Blockchain (part 4)

En cours d’écriture d’un sujet sur les NFTs, je me suis aperçu que je n’avais pas terminé la série que j’avais prévue sur la Blockchain et en particulier son fonctionnement. Ce billet correspond donc aux slides 9 à 14 de ma présentation au Meetup de Cotonou.

Part 1Part 2Part 3

Fonctionnement Blockchain simplifié

Introduction en vidéo, en anglais

Par exemple, 2 personnes interagissent sur une application, pour effectuer un paiement :

  1. La transaction, avec les références des intervenants, est ajoutée à un grand livre de transactions en ligne, horodatée, cryptée avec un code de sécurité digital (fonction de hachage cryptographiquehash) dans un format prédéfini.
  2. Le code de la transaction est envoyé vers le réseau distribué des utilisateurs (P2P, pair-à-pair), où il est confirmé sans compromettre les informations privées. Ceci élimine donc le recours à une autorité centrale.
  3. Une fois la transaction validée par plusieurs utilisateurs, elle apparait dans le grand livre de chacun sous la forme d’un enregistrement permanent et immuable, soit dans un bloc dédié ou dans un bloc plus large, selon la manière dont les blocs sont définis par l’application.
  4. L’information de la transaction étant enregistrée, elle est donc terminée.

Pour lire une description beaucoup plus détaillée en anglais : How does blockchain work in 7 steps — A clear and simple explanation (2018), qui prend comme référence un échange Bitcoin.

Dans l'absolu, toutes les blockchains ont le même type de fonctionnement, quelque soit leur usage ou destination. Cliquez pour tweeter

Remarques sur le fonctionnement

Les utilisateurs dans le réseau P2P qui reçoivent les transactions à valider sont nommés « nœuds » (nodes).

blockchain

Les validations sont effectuées selon des algorithmes connus (formules mathématiques majoritairement de type Proof of Work aujourd’hui – cf. ci-dessous), par des mineurs (miners) qui entrent en compétition (littéralement dans le cas du PoW) pour effectuer la validation, car ils sont rémunérés pour ce faire.

Une transaction Blockchain vérifiée va donc intégrer des données, qui peuvent être de type monnaie digitale (cryptomonnaie), contractuel (smart contract) ou théoriquement tout autre type d’information qui puisse tenir dans un bloc. Cliquez pour tweeter

Hachage cryptographique (hash)

Le hachage cryptographique, par exemple utilisé pour stocker de manière sécurisée les mots de passe d’un compte dans une application en ligne, est une formule mathématique complexe.

Elle permet, quelle que soit la quantité de données saisies en entrée (d’un mot à un texte entier), de générer une chaine unique de longueur fixe. Si je change ne serait-ce qu’un élément dans ma saisie, la chaine résultante est donc absolument différente. De même, 2 données différentes ne peuvent générer un résultat identique (pas de « collisions »).

Cette fonction est à « sens unique ». Ainsi, si je possède la chaine résultante, je n’ai aucun moyen de recréer les données qui ont servi à la générer.

Elle est aussi « déterministe » : si j’entre plusieurs fois les mêmes données, j’obtiens toujours le même résultat.

L’empreinte numérique (digest ou hash) ainsi générée sert donc à identifier les données incluses dans une blockchain et à créer le lien avec les blocs qui précédent et suivent.

Tester : SHA256 Hash Generator (utile pour générer un mot de passe en cas de besoin)

Cas des cryptomonnaies

Une monnaie digitale n’est en fait qu’une valeur d’échange (un jeton ou « token »), créée et stockée de manière électronique dans une blockchain, utilisant des techniques de cryptage pour contrôler la création d’unités monétaires et pour vérifier le transfert de fonds. Bitcoin est l’exemple le plus connu.

Une cryptomonnaie :

  • n’a pas de valeur intrinsèque (sauf exception comme les Stable Coins, elle n’a pas de cours d’échange basé sur un élément tangible comme l’or par exemple) et donc son cours dépend uniquement de l’offre et de la demande…
  • n’a pas de forme physique (pièces, billets…) et n’existe que via le réseau.

Sa disponibilité n’est pas déterminée par une banque centrale et son réseau est totalement décentralisé (en théorie).

Fonctionnement Proof of Work vs Proof of Stake

Pour valider un bloc, il convient d’obtenir un consensus authentifiant son existence. Il existe 2 méthodes principales actuellement qui font partie intégrante du fonctionnement d’une blockchain, le 1er (PoW) étant le plus répandu.

Fonctionnement POW vs POS
Image via BlockGeeks

Proof of Work (PoW) = Preuve de travail = être le 1er à résoudre une énigme mathématique pour être rémunéré.
Nécessite une puissance de calcul de plus en plus importante dans le temps (d’où l’apparition de « fermes » et d’ordinateurs ou composants dédiés, et un impact gigantesque en consommation électrique).

Proof of Stake (PoS) = Preuve d’enjeu ou de participation = affectation déterministe calculée sur des critères de quantité de jetons possédés.
Moins gourmand en énergie et pas de rémunération. C’est la personne qui a initié la transaction qui la finance, par un paiement de « frais » via des unités spécifiques (le « gas » pour Ethereum par exemple, mais pour l’instant cette blockchain utilise toujours le Proof of Work).

La blockchain Ethereum est par exemple actuellement basée sur des validations par PoW, mais dans sa version 2.0, passera sur PoS, permettant d’économiser la majeure partie de la consommation en énergie actuelle. Cette évolution offre théoriquement plus de rapidité de traitement et des frais moins élevés.

Pour en savoir plus (en anglais)


Voilà, c’était une version très simplifiée, et non exhaustive du fonctionnement théorique d’une blockchain. N’hésitez pas à commenter et à poser des questions dans les commentaires ou sur Twitter, mes DMs sont ouverts.

Le prochain billet traitera des Smart Contracts (contrats intelligents).
A suivre !

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