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Fediverse ?

Je vous propose une courte introduction sur le Fediverse ou « Federated Social Networking » (réseaux sociaux fédérés).
J’ai déjà évoqué le sujet rapidement, lors de ma discussion sur le développement du digital en Afrique.

fediverse

Le terme “Fediverse” est régulièrement présent, ou juste induit parfois, dans diverses publications liées à la technologie, dès lors que l’on parle de décentralisation des réseaux sociaux (cf. par exemple cet article de Mike Masnick ou l’initiative Bluesky de Twitter).

Faire partie du Fediverse, c’est globalement mettre en avant l’approche fédérée et décentralisée, beaucoup plus importante que d’utiliser tel ou tel protocole, voire plateforme technologique.

Voir le cours libre : Introduction au Fediverse, l’univers des médias sociaux libres, décentralisés

Ajouté le 5/10/21

Que signifie Fediverse réellement ? Créer à partir des termes « fédération » et « univers » (en anglais), c’est un mot-valise pour désigner un ensemble de réseaux sociaux différents qui sont « fédérés », c’est-à-dire dont les serveurs, ou instances, sont interconnectés, créant de ce fait un écosystème ouvert. Ils utilisent majoritairement un protocole décentralisé en open source (logiciel libre) nommé ActivityPub, qui a complété le standard ouvert de microblogging OStatus.

ActivityPub a été développé par le groupe de travail Social Web Working Group (SWWG), entre 2014 et 2018, et est devenu une recommandation du W3C, qui gère actuellement ce protocole.

Les différents services disponibles pour les nœuds de ces instances sont hétérogènes, microblog, blog, vidéo, image, articles de recherche, code logiciel, mais utilisent des protocoles d’échanges communs pour communiquer entre eux, « se fédérer », ou des ponts entre différents protocoles de façon transparente pour l’utilisateur. La volonté étant de fournir une alternative ouverte et résiliente aux réseaux sociaux captifs, propriété d’une unique entité.

Wikipedia

Il convient de noter par exemple, qu’un utilisateur reste propriétaire de toutes ses données, qu’il peut les exporter en totalité et ainsi migrer vers une autre instance de l’écosystème.
Dans un autre contexte, le monde de la finance, l’OpenBanking propose en quelque sorte une démarche assez proche…

En janvier 2021, une étude de l’écosystème social décentralisé a été publiée via Twitter & Matrix.

Plateformes de référence du Fediverse

Les offres autour d’ActivityPub sont nombreuses, mais celle qui est la plus active est sans nul doute Mastodon, dont le point d’entrée est sur le site Join Mastodon.

Mastodon

:mastodon:

Mastodon, créé par Eugen « Gargron » Rochko, est le réseau le plus populaire et a une interface très similaire à celle de Twitter. En revanche, c’est :

…un réseau de communautés opérées par de multiples organisations ou personnes qui propose une solution « social media » fluide et transparente.

Les divers serveurs Mastodon, nommés « instances » répondent à des thèmes ou communautés différentes. Par exemple, stereodon.social est une instance italienne orientée « musique underground », alors que mstdn.social n’a pas de thème particulier, même si les utilisateurs semblent bien aimer les chats…

Remarque : je suis à l’adresse @cybeardjm@mstdn.social et je respecte la tradition de partager des chats pour Caturday

Mastodon

Le concept d’instances peut sembler déroutant. Mais on peut le rapprocher du principe de l’email. Des utilisateurs de plateformes email différentes, comme Gmail ou Microsoft Outlook ou d’autres, y compris messageries d’entreprise, peuvent malgré tout s’adresser des messages, bien qu’étant chez des fournisseurs différents. En effet, les protocoles comme SMTP ou POP sont standardisés et accessibles à tous, et le système d’adressage d’Internet permet de router les emails d’un point à un autre, d’un émetteur vers le(s) bon(s) destinataire(s).
Mastodon fonctionne un peu sur le même principe.

Sous-titres multilingues (dont FR)

Comme Twitter (birdsite, voire birdshite pour les autochtones), Mastodon est donc une plateforme de microblogging. Les billets courts, dont la taille varie selon les instances, sont des « toots » (ou « Pouets » en français), similaires aux tweets. Mais comme les serveurs Mastodon sont tous interconnectés, les utilisateurs peuvent interagir au travers des multiples instances et ainsi adresser, commenter ou répondre à un message, même si le destinataire n’est pas sur le même site.
L’équivalent de « retweeter » sur Mastodon se nomme « booster » (« Partager » en français). Et là encore, du fait de l’aspect « fédération », une personne qui booste un toot le rend visible à tous ceux qui la suivent (ses followers), au travers de différentes instances.

Enfin, Mastodon prend la vie privée de ses utilisateurs très au sérieux. Un toot peut avoir 4 niveaux de visibilité : public, que tout le monde peut voir, non listé, qui n’apparaitra pas dans les fils (timeline ou TL) publics, réservé aux abonné(e)s, ou tout simplement privé, visible par les seuls personnes mentionnées.

mastodon - vie privée

Un autre aspect important dans la création d’un toot dans cet environnement social est l’option « CW » pour Content Warning (avertissement de contenu). Ainsi, si le toot peut contenir des informations considérées comme « sensibles » pour certains publics, politique, violence, sexualité, voire contact visuel ou santé mentale (abrégé en « mh » pour mental health), cette option permet d’afficher un avertissement en lieu et place du contenu et il conviendra de cliquer sur un bouton pour tout afficher.
De la même manière, les images et autres médias peuvent être marqués comme sensibles, après leur chargement, ce qui permettra de les flouter automatiquement dans la timeline. Les utilisateurs pourront choisir d’afficher ou non, évitant ainsi qu’un contenu potentiellement perturbant pour certains ne soit visible. Cette option protège bien plus qu’un simple avertissement, comme on pourrait le faire avec un hashtag comme « NSFW » (Not Safe For Work).

Il convient de rappeler que l’esprit communautaire derrière Mastodon vise l’ouverture pour tous, et est donc très ferme quant à toute manifestation hostile envers des individus ou groupes (LGBTQI+ par exemple).
Dans le même esprit, une instance présentant des contenus problématiques, comme ce fut le cas pour certaines consacrées aux néo-nazis ou suprémacistes blancs, peut être « dé-fédérée » par les administrateurs des autres instances, et donc déconnectée de l’espace global d’interactivité.

Les instances sont en général très claires quant aux contenus autorisés ou non sur leur site, lors de la création du compte, afin d’éliminer tout risque de confusion.

Mastodon inclusion
Mastodon et l’inclusion

Mastodon et d’autres plateformes du Fediverse proposent également 2 affichages complémentaires, en plus du fil généré par les personnes suivies :
– le fil public local, qui affiche tous les contenus de l’instance où l’on a son propre compte,
– le fil public global (federated timeline), qui présente tous les contenus publics des instances associées et donc accessibles par tous (sauf dans le cas de celles qui ont été dé-fédérées, bien sûr).

Mastodon Paper Toy
via @Poudingue@mastodon.social

Des applications pour accéder à Mastodon ont été développées pour mobiles Android ou Apple, et pour d’autres environnements.

Voir aussi : pour trouver des personnes à suivre, vous pouvez consulter la base Trunk, en langue anglaise pour l’instant, classée par thématiques ou centres d’intérêt.

Pixelfed

:pixelfed:

Pixelfed est une autre plateforme intéressante du Fediverse. C’est une version open source et fédérée d’Instagram. L’usage premier y est donc le partage de photos, images et vidéos. Comme dans le cas de Mastodon, il existe de nombreuses différentes instances, proposant des thèmes ou langues différents, avec un plus ou moins grand nombre d’utilisateurs inscrits.

PixelFed a une application Android non officielle (à ce jour) : PixelDroid.

Comme toute application du Fediverse reposant sur ActivityPub, PixelFed est accessible via d’autres plateformes ActivityPub et l’on peut donc suivre les comptes existants, bien que ces applications soient différentes.

Pixelfed a beaucoup en commun avec Instagram : un fil à parcourir, la possibilité de « liker » et commenter les publications… Il est également possible de suivre des hashtags directement.
En revanche, une grosse différence est la possibilité de partager les publications des autres.
Il n’y a bien sûr pas de publicité…

Tout comme sur Mastodon, certains comptes Pixelfed partagent du contenu « pour adultes ». C’est une des raisons de l’existence du floutage ou des alertes de contenu (CW)…

Stats au 13/9/2021

PeerTube

:peertube:

PeerTube est une version fédérée et open source de YouTube. Comme pour les autres plateformes ci-dessus, il existe de nombreuses instances différentes, avec des contenus très variés.

Tout comme avec YouTube, il est possible de créer des chaines et des playlists, et de s’abonner aux contenus des autres utilisateurs.
En tant une plateforme fédérée, il est bien sûr possible de visionner des vidéos présentes sur une autre instance, sans avoir à s’y inscrire.

Quelques exemples : peertube.tv, peertube.co.uk, peertube.debian.social

Bien évidemment, suivre un compte PeerTube depuis une autre plateforme du Fediverse est l’un des atouts de cet environnement.

Le fait que PeerTube ne diffuse aucune publicité peut être un attrait majeur pour nombre de créateurs et il conviendra de suivre à l’avenir la croissance de cette solution de diffusion de médias.

Autres plateformes du Fediverse

Social Networking - Mastodon

Au-delà de celles citées ci-dessus, il existe de nombreuses autres plateformes au sein du Fediverse. Chacune a ses particularités, fonctionnalités, communautés, voire excentricités…

  • Friendica – https://friendi.ca (voir aussi Diaspora, Hubzilla, Pleroma…) – microblogging dans l’esprit « Facebook »

fediverse Plein d’autres ici ou ici

Pour vraiment se rendre compte de l’éventail de possibilités et choisir sa solution préférée pour rejoindre le Fediverse, le mieux est de faire ses propres recherches et de tester…

PS : il existe de plus en plus de solutions open source, ou tout du moins des alternatives plus éthiques et conscientes de l’importance de la vie privée de leurs utilisateurs, pour remplacer les produits des GAFAM et autres sociétés presque monopolistiques. Vous pouvez trouver une liste, en anglais sur le site switching.software.

WordPress dans le Fediverse…

Une solution vraiment intéressante pour tous les blogueurs sous WordPress : la possibilité d’intégrer dans le Fediverse son propre blog par l’ajout d’une extension ActivityPub, et quelques compléments éventuels.

Ainsi, chaque billet publié dans WordPress est automatiquement transmis par le protocole et accessible depuis les différentes plateformes, comme Mastodon. Les utilisateurs peuvent alors s’abonner, booster (partager), commenter etc. Le blog devient ainsi un acteur à part entière du Fediverse.

Je l’ai fait moi-même sur ce blog et sur l’African Music Forum, comme vous pouvez le constater ci-dessous (2ème et 3ème adresses) :

Mastodon ActivityPub WordPress Fediverse

Si vous êtes sur une instance, lancez une recherche sur « cybeardjm » pour les trouver et les suivre…

Des commentaires, des questions, des remarques, des imprécisions à corriger ? N’hésitez pas à m’en faire part ci-dessous ou sur Mastodon !


Libre adaptation de l’article « What is the Fediverse » par Eric Pudalov.

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KoToNTeeJ Old African Music Réflexions

African Music Forum : Beta1 de la communauté

Qu’est-ce donc que l’African Music Forum ? Pourquoi créer cette communauté ? Quels objectifs ? Des éléments de réponse ci-dessous…

Les origines

Tous ceux qui lisent ce blog savent que je suis tombé dans les Musiques Africaines, comme Obélix dans la potion magique… sauf que j’ai le droit de continuer à en consommer…

Quand aux réseaux sociaux et autres communautés d’échange, j’ai commencé à la fin des années 80 avec des BBS (sur le réseau interne de Microsoft par exemple) puis des forums via des services tels Compuserve ou MSN. Même si je n’ai pas immédiatement sauté sur les GAFA lorsqu’ils sont apparus, je les ai rejoints assez vite : Facebook et LinkedIn, puis Twitter etc…
Aussi, lorsque Google+ est apparu, je m’y suis inscrit, de mémoire en août 2011.

profil DJM sur Google+ (le 18/2/2019)
Profil sur Google+ le 18/2/2019 – le nombre de followers a commencé à chuter depuis plusieurs mois (« exode »)

J’y ai frôlé les 15000 followers, ce qui permettait des interactions intéressantes sur nombre de billets que j’ai publiés sur des sujets divers et variés (Art et Design, Afrique, combats contre SOPA/ACTA/TPP/TTIP et les OGM… et plus fun, images Cinemagraph ou pour Caturday… et bien sûr toute la musique que j’aime…).
Je ne reviendrai pas ici sur la vision que nombreux ont eu de ce réseau social (« ville morte »,  » désert »…) en voulant le comparer à tout prix à Facebook (IMHO, ce n’était ni la même vision, ni les mêmes objectifs – autre débat éventuel), mais j’y ai personnellement trouvé ma place, des membres et amis vraiment engagés et une vraie interactivité, même aujourd’hui à l’aube de sa disparition…

Ayant toujours aimé produire et publier du contenu, après mon blog KoToNTeeJ de 2008 à 2012, et des expériences sur des groupes dédiés à la musique africaine sur Facebook, il me paraissait logique lorsque la fonction « Community » a été lancée sur Google+, d’y créer la communauté « African Music Forum », fin 2012.

Si ce ne fut pas une énorme communauté (650 membres, car j’ai beaucoup modéré l’accès pour bloquer les spammeurs de tous types…), elle a toujours été assez active, avec environ 2000 publications, des vidéos pour la plupart, en 7 ans, postées par une centaine de personnes.

Depuis que Google+ a annoncé sa fermeture prochaine (2 avril 2019), je me suis posé la question de quoi faire de tout le contenu publié depuis l’origine, tant personnellement que dans la communauté AMF. J’ai donc décidé de sauver tout le contenu intéressant ou utile et de le publier sur 2 blogs WordPress : celui où vous êtes actuellement, mon blog pro/perso, et la communauté sur un sous-domaine.

Le projet « blog » African Music Forum

Depuis novembre 2018, se posaient donc 2 interrogations majeures : 1/ où aller ? 2/ comment faire ?…
Il était hors de question pour moi de retourner sur Facebook, dont je me suis désengagé depuis 2015, ne gardant mon compte que pour gérer des pages que j’administre pour quelques artistes et entreprises. LinkedIn, étant un réseau « professionnel », n’était pas une cible imaginable, ni envisageable techniquement.

J’ai regardé les autres réseaux ou plateformes en cours de développement… j’ai testé Mix, LifeCloud… beaucoup lu autour des projets dans le Fediverse (Mastodon, Friendica, Hubzilla, Diaspora…)

Comme j’expérimentais l’export de mes propres billets vers ce blog avec l’excellent outil Friends+Me Exporter, j’ai donc décidé de conserver la même méthode : créer un blog WordPress, dédié, importer les publications et proposer à ceux qui le désirent, de devenir « auteurs » sur cette nouvelle plateforme.

Je travaille donc sur ce projet depuis janvier de cette année. Gérer des blogs WordPress, je connais (j’en ai administré plus d’une trentaine depuis plus de 10 ans… pour des clients entreprises ou artistes, ou pour moi-même et mes sociétés). J’ai testé différent thèmes visuels (templates), pour l’instant gratuits car Paypal bloque toujours mon compte depuis que je suis au Bénin… J’ai préparé divers plugins utiles (SEO, sécurité, analytics…).

J’ai commencé par importer mes propres publications (près de 1400) que j’ai nettoyées, validées, optimisées… Il en résulte aujourd’hui, dans cette version initiale : 1085 entrées actives, 149 brouillons à éditer, 143 suppressions de contenus obsolètes, presque 200 tags… Et il me reste encore près de 700 billets à préparer : ceux des autres membres du forum…

Et voilà la Beta1 !

african music forum community - screenshot home 18022019
African Music Forum community – screenshot Home 02-18-2019

Pour faciliter l’accès thématique, la page « Direct Access (Tags) » permet de choisir directement un style de musique, un pays, voire certains artistes renommés. Et plein d’autres choix encore…

African Music Forum - Direct Access (Tags)

Par ailleurs, pour ouvrir le champ d’interconnexion du site, je lui ai ajouté une couche ActivityPub, qui l’intègre directement dans le Fediverse. Ainsi, même si c’est loin d’être parfait et 100% opérationnel, vous pouvez rechercher « @cybeardjm@amf.didiermary.fr » dans Mastodon/Friendi.ca pour suivre les publications.

Profil African Music Forum dans Mastodon
African Music Forum via Mastodon

Tout cela est donc la Beta 1 du projet. Il reste encore du travail… Comme je l’ai dit plus haut, je dois nettoyer encore 700 billets publiés par les autres membres (à qui j’ai demandé s’ils souhaitaient ou non être intégrés comme « auteurs »), les 150+ brouillons que je dois finir. Le thème du site, même s’il ressemble avec ses 3 colonnes à l’ancien forum et permet de lire directement les vidéos sans entrer dans le billet proprement dit, a quelques défauts encore (sur mobile en particulier).

A bientôt pour la suite ! Et n’hésitez pas à commenter ci-dessous !

Qu’en pensez-vous ? Votre avis et vos remarques éventuelles sont importants pour moi.

Remarque : Si vous souhaitez suivre les développements de l’African Music Forum, j’ai créé une mailing list sur Mailchimp ou scannez tout simplement le QRCode ci-dessous.

L’auteur de l’image principale du site AMF, ainsi que l’ancien « logo » de la communauté Google+, est Amakai Quaye, un artiste ghanéen dont j’aime beaucoup les créations. Une autre de ses peintures illustre ce billet.