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Seconde chance – 1

Ici tout commence… ou pas…

Comme je l’explique ici et , j’écris beaucoup et j’ai fait de nombreuses tentatives avortées pour sortir un texte de fiction, commencer déjà et le finir surtout…
« Seconde chance » est une vieille idée. Elle vit dans ma tête depuis fort longtemps. Je l’avais commencée sur le papier, à la main, mais j’ai perdu ces feuillets. La trame étant restée gravée, je vais donc tenter de relancer la rédaction, en ligne et sous forme feuilletonnée.

DJM

Dès qu’il sortit du métro, la pluie se remit à tomber, poussée dans tous les sens par des rafales froides qui frappaient les corps sans retenue. A quelle vitesse pouvait bien souffler le vent en ce 3 janvier ? Vraiment, les caprices de la météo devenaient de plus en plus imprévisibles…
La crise climatique produisait des effets de plus en plus aléatoires, entre températures extrêmes, dans un sens ou dans l’autre, à des moments inattendus de l’année, et événements quasi-cataclysmiques qui arrivaient sans prévenir… Pauvres spécialistes de la météo qui s’arrachaient les cheveux, devant l’impossibilité de prévoir quoi que ce soit et de l’expliquer aux simples mortels scotchés devant leurs postes de TV à l’heure du journal.

Il s’assura que son grand manteau le couvrait convenablement, que son chapeau était bien enfoncé sur sa tête et ne risquait d’être aspiré par un tourbillon soudain. Son sac à dos pesait dans son dos. Lui était prêt, s’il lui était permis d’arriver à destination sans encombre.

Bon, c’est pas tout ça, je vais être à la bourre pour ma présentation avec la boss.

Le métro aérien avait dû s’arrêter un peu plus longtemps que d’habitude dans chaque station de la ligne, pour une raison inconnue, et bien sûr la régie des transports « oubliait » de communiquer dans ces cas-là…

Vais appeler rapidement le bureau, signaler que j’aurai probablement 5 minutes de retard, le temps de remonter la rue sous ce temps d’enfer…

Tout était gris et moche, humide, sale et dégoulinant. Les façades des immeubles, les rues, les trottoirs, les gens qui se pressaient dans tous les sens, tentant d’éviter les gouttes et les éclaboussures.

Vraiment pas gai ! Juste envie de retourner sous la couette et de laisser passer le temps. J’aurais dû me faire porter pâle… Mais pas le choix. J’ai déjà fait tout ce chemin. Vais pas rebrousser chemin maintenant.

Heureusement, il n’avait plus la gueule de bois après la fête du 1er de l’an. Il avait été, c’est vrai, très raisonnable.

Au moment, où il sortit le mobile de sa poche, après avoir soulevé d’une main le pan du grand manteau qui tentait de le protéger de la pluie, pendant que de l’autre il essayait de ne pas perdre son chapeau, la sonnerie retentit. La boss, nouvelle directrice qui prenait ses fonctions le jour même, l’informa que le rendez-vous était reporté de 30 min, car elle était encore bloquée dans les embouteillages…

Tu m’étonnes…

Toute la population reprenait le travail ce matin après les fêtes, et vu le temps, beaucoup avaient dû préférer prendre leur propre voiture, juste au cas où. Lui n’avait pas osé prendre ce risque.

Cool ! Je n’ai plus besoin de courir avec cette pluie et ce vent et j’aurai même le temps de m’arrêter prendre un chai latte au Starbucks à l’angle de la Grand-Place.

Il enfonça son smartphone dans sa poche, remonta son col, s’assura que son chapeau ne risquait pas de s’envoler par mégarde, que les pans de son manteau étaient bien refermés et protégeaient autant que faire se peut son pantalon qui commençait à se tremper en bas. Encore heureux qu’il ait pensé à mettre ses Dr. Martens ce matin !
Baissant la tête, rentrant le cou dans les épaules, il reprit son chemin rapidement, le regard au sol pour éviter de marcher dans l’eau qui commençait à recouvrir les trottoirs à certains endroits.

Il savait qu’il devait réussir sa présentation à tout prix ce matin, car à son âge, il n’aurait probablement pas de seconde chance. Que la directrice soit elle-même en retard était en soi un signe positif. Peut-être… Il croisa les doigts mentalement.

Il fit un petit saut pour éviter une grosse flaque au milieu du trottoir et fit bien attention en retombant à ne pas écraser les petites touffes de fleurs qui parsemaient l’herbe dense.

Des fleurs ? De l’herbe ? Il releva la tête et se figea, l’impression d’avoir pris un bon direct en pleine face, qui le laissa KO debout, abasourdi…

A suivre…

seconde chance - pieds - herbe

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