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Crazy socks

When I wore socks (quite some time ago, as I’m now living in Africa and try to avoid them…), I usually chose crazy socks.

Pink ones were my prefered choice for many years. After I spent some time in Seattle (USA) in 1993, where I could buy plenty of fun stuff with my favorite cartoon characters, my socks were mostly dedicated to Taz, the Tasmanian Devil…

crazy stocks - tasmanian devil

Read next paragraph and you’ll understand why!

People who wear crazy socks…

…are rebellious and expressive.

crazy socks

Wacky sock wearers are leading a subtle revolution against uniforms and propriety.

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Mis-matched socks sold in threes

Clever idea. Interesting out-of-the-box thinking.

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PS: The main character in my « short story » (in French) wears wacky socks too…

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Marketing RĂ©flexions

Rareté numérique ?

Dans un billet prĂ©cĂ©dent, j’ai survolĂ© les notions de prix et valeur, rappelant qu’elles sont diffĂ©rentes. Un des points fondamentaux est la notion de raretĂ©, tout spĂ©cialement dans un monde numĂ©rique.

L’un des gĂ©nĂ©rateurs de valeur repose sur la raretĂ© d’un produit, bien ou service.

Voici quelques exemples rapides : l’or (qui a en plus un coĂ»t d’extraction), les diamants (idem), la Mona Lisa de Leonardo da Vinci et les toiles de grands maĂźtres, etc. MatĂ©riaux ou Art, il y a de multiples exemples dans le monde physique.

L’eau sur notre bonne vieille planĂšte pourrait bien devenir d’une raretĂ© trĂšs impactante dans les annĂ©es Ă  venir. Autre sujet important, mais hors de propos ici


rareté eau

Un problĂšme Ă©conomique

La raretĂ© est en fait l’une des bases fondamentales de la thĂ©orie Ă©conomique. (cf. en anglais ici ou Wikipedia en français).

La raretĂ© correspond Ă  l’écart entre des ressources limitĂ©es, dont les quantitĂ©s disponibles sont finies, et une demande thĂ©oriquement illimitĂ©e. Cliquez pour tweeter

Ceci implique que des dĂ©cisions doivent ĂȘtre prises pour allouer de maniĂšre pertinente et efficaces les ressources existantes, afin de satisfaire les besoins de base et toute demande additionnelle possible.

Les ressources que nous valorisons, comme le temps, l’argent, le travail, les outils, la terre, les ressources naturelles et les matĂ©riaux bruts, existent toutes en quantitĂ©s limitĂ©es. Il n’y en a clairement pas assez pour satisfaire toutes nos attentes.

Lorsque la demande dépasse la disponibilité, il y a pénurie et/ou augmentation des prix.
Lorsque les prix augmentent et dépassent un certain seuil, la demande tend à chuter.

Le « jeu » Ă©conomique des organisations sera donc de tenter en permanence d’Ă©quilibrer la disponibilitĂ© d’une ressource ou d’un produit, la demande correspondante et les prix sur le marchĂ©.

Utilisation de la rareté en Marketing

Le marketing utilise de nombreuses techniques pour influencer la raretĂ© (supposĂ©e) d’un bien ou service. Par exemple :

  1. Un compte-Ă -rebours avant le dĂ©but d’une vente ou des soldes.
  2. Un compte-Ă -rebours avant l’expĂ©dition ou la livraison.
  3. Les offres spéciales saisonniÚres.
  4. L’affichage d’un niveau de stock bas.
  5. Les éditions limitées, lors du lancement ou à des occasions particuliÚres.
  6. L’affichage du nombre de personnes intĂ©ressĂ©es ou ayant dĂ©jĂ  achetĂ©.

Rareté et digital

Depuis que la technologie a envahi nos vies, se pose la question de la rareté dans un contexte numérique (digital scarcity).

La raretĂ© numĂ©rique fait rĂ©fĂ©rence Ă  la gestion de l’abondance de ressources et d’actifs digitaux, et de leur contrĂŽle Ă©ventuel. C’est une tentative de limitation, crĂ©dible ou non, le plus souvent imposĂ©e par une solution logicielle, pour piloter l’accĂšs Ă  et l’usage d’informations, biens ou services 100 % numĂ©riques (les DRMs sont un bon exemple).

Car, comme l’ont dĂ©crit de multiples auteurs, l’Ă©conomie dans notre « ùge digital » est une Ă©conomie d’abondance, et non de raretĂ©, tout simplement car avec les biens numĂ©riques, cette fameuse raretĂ© n’existe pas, voire diminue Ă  chaque instant, tant la quantitĂ© de contenus numĂ©riques (Ă  lire, entendre ou voir) grandit chaque jour.

Prenons par exemple, ce qu’Ă©crivait Chris Anderson dans son article dans Wired (2004) et son livre « The Long Tail », sous titrĂ© « Why the Future of Business Is Selling Less of More » (2006).

Chris Anderson explique que notre monde continue Ă  se transformer par l’action ou l’influence de l’Internet, Ă  travers les choix immenses qui sont dĂ©sormais proposĂ©s aux consommateurs. Que se passe-t-il lorsque toute la culture du monde devient accessible Ă  tous ?
Son postulat, est qu’en combinant la valeur de millions de biens qui ne vendront que quelques exemplaires, on peut assurĂ©ment Ă©galer, voire dĂ©passer, la valeur des quelques biens qui se vendront Ă  des millions, sauf bien sĂ»r si l’on modifie volontairement les rĂšgles du jeu.

rareté vs abondance
Le nouveau marché (via Chris Anderson)

L’idĂ©e derriĂšre la « Long Tail » est que les avancĂ©es technologiques incroyables poussent le coĂ»t des composants Ă©lectroniques, du stockage, de la bande passante, etc. vers zĂ©ro. Il en est de mĂȘme pour les contenus.
Pour une entreprise, lorsque les Ă©lĂ©ments qui composent un modĂšle Ă©conomique sont ainsi si abondants qu’ils sont « presque » gratuits (coĂ»t proche de zĂ©ro), il convient de repenser ses activitĂ©s, par une approche diffĂ©rente de celle utilisĂ©e en temps de raretĂ©/chertĂ©.
Pour un consommateur, l’Ă©conomie de l’abondance permet d’accĂ©der Ă  tout, de tout faire, et de ne conserver que ce qui fonctionne ou correspond au mieux Ă  ses attentes ou goĂ»ts personnels.

Il est trĂšs facile de ne pas comprendre l’impact du zĂ©ro en Ă©conomie. D’autant que le plus souvent, l’Ă©conomie est considĂ©rĂ©e comme la « science de la rareté » ou comprise comme la capacitĂ© Ă  allouer des ressources dans un contexte de raretĂ©. Mais l’utilisation du « zĂ©ro » change tout cela, surtout lorsqu’on l’intĂšgre dans une Ă©quation qui s’attend Ă  une valeur non-nulle.

Par exemple, les bases Ă©conomiques disent que dans un marchĂ© libre les prix vont tendre vers leurs coĂ»ts marginaux. Si ces coĂ»ts marginaux sont nuls (comme c’est le cas pour les biens numĂ©riques), cela implique que le prix de vente tendra aussi vers zĂ©ro.
Bien entendu, cette situation inquiĂšte beaucoup de monde, et leur fait penser que le modĂšle ne tient pas la route : la raretĂ© pourrait ne pas exister ? Cela va Ă  l’encontre de ce qu’ils ont appris.

Mais, c’est tout l’inverse : cela prouve que le modĂšle fonctionne normalement, qu’il sait prendre en compte une valeur nulle et qu’il convient de comprendre qu’Ă  l’opposĂ© de la raretĂ©, il y a l’abondance.

Dans le monde digital, il peut y avoir autant de contenu que désiré (stock infini), à un coût nul ou proche de zéro. Cliquez pour tweeter

A l’inverse, cela ne signifie pas qu’il n’y a plus de modĂšle Ă©conomique possible : il suffit juste d’inverser l’Ă©quation, et de tirer partie de cette valeur zĂ©ro. Au lieu de penser en terme de « prix nul », il faut concevoir le modĂšle sur la base d’un « coĂ»t nul ».

En ayant rĂ©duit le coĂ»t d’un bien Ă  « rien », le vendeur n’est plus limitĂ© dans sa diffusion. Par exemple, il peut utiliser ce bien Ă  coĂ»t zĂ©ro comme support promotionnel, pour vendre un autre bien dont le coĂ»t marginal, lui, n’est pas nul et donc pour lequel il peut valablement dĂ©finir un prix de vente sur le marchĂ©.

Tout ceci n’a rien de rĂ©volutionnaire ou nouveau en soi. Il s’agit juste de prendre en compte l’idĂ©e que l’Ă©conomie dans un marchĂ© libre peut fonctionner avec une valeur « 0 » et peut mĂȘme ouvrir de nouveaux horizons.

L’abondance digitale

Les dĂ©tracteurs de l’Ă©conomie de l’abondance, souvent dans l’industrie culturelle, considĂšrent que cette notion n’a aucun sens, car cela signifierait que les crĂ©ateurs ne pourraient plus gagner d’argent dans ce cas, alors qu’ils ont le droit de gagner leur vie en vendant leurs crĂ©ations.

Si c’est un argument Ă©motionnellement intĂ©ressant, il est totalement erronĂ© sur 2 points principaux.
En premier lieu, l’idĂ©e que les crĂ©ateurs ne pourraient gagner d’argent. Au contraire, les opportunitĂ©s de commercialiser leur travail est largement plus importante, si l’on a compris comment le modĂšle Ă©conomique dans le monde digital fonctionne : ne pas vendre uniquement et directement les biens non-rares.
En second lieu, les crĂ©ateurs ont le droit de gagner de l’argent. Or la maniĂšre dont l’Ă©conomie fonctionne ne repose pas sur une question morale. Elle ne s’intĂ©resse pas au « droit » de faire de l’argent. Bien Ă©videmment, tous ont le droit d’essayer de gagner leur vie Ă  partir de leurs crĂ©ations, mais si le marchĂ© ne rĂ©pond pas Ă  leur offre, il n’y a pas de gain Ă  espĂ©rer.

great content vs market
Before you create any more « great content, »
Figure out how you are going to market it first.

Exemple : si je fais un dessin sur un morceau de papier et que je tente de le vendre en tant « qu’art », il est fort probable que personne ne voudra l’acheter, car mes compĂ©tences graphiques sont assez faibles…
Le marchĂ© va estimer que mon dessin a une valeur proche de zĂ©ro, car il n’y a aucune demande pour ce type de « crĂ©ation ». Cela n’a aucun lien avec mon droit de gagner de l’argent.

De la mĂȘme maniĂšre, dans un contexte d’absence de raretĂ©, le marchĂ© Ă©valuera que quelque chose vaut (presque) zĂ©ro, car le stock est infini. Cela n’a rien Ă  voir avec la question morale de savoir si les crĂ©ateurs ont le droit de tirer profit de leur travail, mais tout avec le fonctionnement du marchĂ©.

Il est possible que cette confusion ait pour origine les dizaines d’annĂ©es pendant lesquelles les crĂ©ateurs (et surtout leurs Ă©diteurs ou distributeurs) ont bien vĂ©cu en vendant leur travail. Comme je l’expliquais dans le billet prĂ©cĂ©dent quant Ă  mon consommation d’albums et de CDs, pendant des annĂ©es le contenu Ă©tait rare et distribuĂ© sur des supports spĂ©cifiques (vinyls/CDs pour la musique, vidĂ©os sur K7/DVD…). L’Internet a brisĂ© ces barriĂšres et a changĂ© totalement la donne du marchĂ©, repoussant les limites en terme d’accĂšs (ou d’approvisionnement) vers l’infini et impactant directement et durablement la maniĂšre dont les prix de vente doivent ĂȘtre Ă©valuĂ©s, pour un produit Ă©quivalent. Le marchĂ© a changĂ©, et ce qui Ă©tait possible hier ne l’est plus aujourd’hui.

Beaucoup de gens ont donc du mal Ă  comprendre que l’on puisse suggĂ©rer qu’ils doivent dĂ©sormais apprendre Ă  proposer le mĂȘme contenu qu’ils vendaient « cher » hier, dans des conditions proches du gratuit maintenant. Mais il ne s’agit pas de comparer les deux positions : ce n’est pas un choix qui se prĂ©sente, mais bien une prise en compte de l’Ă©volution du marchĂ©.

En d’autres termes, il ne s’agit pas de se plaindre que « c’Ă©tait mieux avant », mais d’analyser les tendances du marchĂ©, et de reconnaitre que ce qui se faisait hier (prĂ©tendre que le contenu Ă©tait rare) n’est plus viable maintenant. Et ceux qui tentent de continuer Ă  vendre des biens abondants sur la base de leur « rareté » vont dĂ©couvrir (et ont dĂ©couvert) que ce marchĂ© n’existe plus, mĂȘme s’ils considĂšrent qu’ils ont le « droit » de gagner de l’argent, ce dont l’Ă©conomie n’a que faire. Tenter de rĂ©sister ne sert Ă  rien, car les forces du marchĂ© s’imposent naturellement.

Vive le piratage donc ?!

Cela n’a rien Ă  voir !
Les points abordés précédemment concernent les producteurs de contenu, pas les consommateurs.
Le choix de « pirater » ou de « voler la propriĂ©tĂ© intellectuelle d’autrui » comme certains qualifient l’acte de tĂ©lĂ©chargement non autorisĂ© est un positionnement du consommateur, face Ă  une offre existante ou non. Le passage Ă  l’acte rĂ©pond Ă  un ensemble de critĂšres individuels, qui combinent principalement la qualitĂ©, le prix et la facilitĂ© d’accĂšs.
On le voit avec les offres de streaming par exemple, qui ont largement supplantĂ© le piratage dĂšs lors que les prix (abonnements) sont devenus assez bas, pour un catalogue extrĂȘmement large et trĂšs facilement accessible.

Ce dont il est question plus haut, abondance et raretĂ©, est la base Ă©conomique qui doit permettre aux producteurs de biens culturels au sens large d’agir dans le marchĂ© numĂ©rique pour en tirer avantage.

L’absence de raretĂ© est basĂ©e sur la nature fondamentale de ces contenus digitaux : le fait que pour crĂ©er une nouvelle copie identique Ă  l’original, le coĂ»t marginal est nul. Ceci n’a rien Ă  voir avec le fait que les consommateurs vont crĂ©er, ou pas, des copies non autorisĂ©es. Et mĂȘme si le piratage n’existait pas, cela ne changerait rien Ă  l’Ă©quation Ă©conomique autour de l’abondance numĂ©rique et du coĂ»t marginal zĂ©ro.

En revanche, les copies non autorisĂ©es « piratĂ©es » sont un fait Ă  prendre en compte dans l’Ă©valuation du marchĂ© global auquel les crĂ©ateurs et producteurs de contenu s’adressent. Tout simplement, car le piratage accĂ©lĂšre la disparition de la raretĂ© et qu’il prouve s’il en est besoin, qu’il convient d’agir et de prendre des dĂ©cisions stratĂ©giques au plus vite.

Exemple : les sites de type « Torrent », qui utilisent une distribution en pair-Ă -pair (P2P), transfĂšrent les coĂ»ts de la mise Ă  disposition des contenus et de leur livraison entre tous ceux qui tĂ©lĂ©chargent, ce qui signifie qu’un crĂ©ateur qui souhaiterait utiliser une telle solution aurait un coĂ»t rĂ©siduel initial extrĂȘmement faible. Doit il lutter contre cette technologie ou au contraire « surfer sur la vague » et l’intĂ©grer dans son modĂšle Ă©conomique ? C’est un choix Ă  faire.

Avec l’Internet (ou le numĂ©rique au sens large), ce qui Ă©tait rare, majoritairement du fait d’un problĂšme de distribution, est devenu abondant. Ceci a impliquĂ© la crĂ©ation d’une nouvelle Ă©conomie : celle autour de l’attention des consommateurs. Mais, c’est un tout autre sujet…

PS : le talent reste lui aussi une ressource relativement rare, mĂȘme si le monde digital est dĂ©sormais inondĂ© de crĂ©atifs de tous ordres, dans tous les domaines (blogueurs, artistes, musiciens…), car la technologie permet au plus grand nombre de s’exprimer et de diffuser leur travail.

Conclusion

Avec l’arrivĂ©e d’Internet, puis de notre monde digital, nous sommes donc dĂ©sormais en plein dans une sociĂ©tĂ©, une Ă©conomie, du « coĂ»t marginal zĂ©ro ». Est-ce pour autant la fin du Capitalisme que nous connaissions ?

Malheureusement non, car il y a encore plein de maniÚre de créer de la « fausse rareté », une rareté artificielle, fabriquée de toutes piÚces.
C’est par exemple ce que l’on peut voir avec les cryptomonnaies ou les NFTs, en induisant auprĂšs des consommateurs l’urgence, la peur de « rater quelque chose » (FOMO) ou le fait de ne pas ĂȘtre tendance ou Ă  la mode.
Mais lĂ  on parle de comportements purement irrationnels, poussĂ©s par des actions ou des plans marketing…

A suivre…